Guide des achats professionnels responsables

Dimensions et outils à considérer

Écobilans et énergie grise

ÉCOBILAN: UNE ANALYSE PRÉCISE DES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX

Un écobilan est un instrument permettant de recenser tous les impacts environnementaux liés à un produit ou à un service, tout au long de son cycle de vie. Appelée également «analyse du cycle de vie» (Life Cycle Analysis/LCA), cette méthode passe en revue toutes les atteintes notables à l’environnement – de l’extraction des matières premières nécessaires à la fabrication du produit à son mode d’élimination, en passant par la phase d’utilisation. Le recours aux écobilans est idéal pour les entreprises désirant effectuer une approche environnementale complète de leurs produits ou prestations afin de faire des choix au niveau du design, des matériaux, des procédés de fabrication ou des fournisseurs. La norme ISO 14 040 spécifie les principes et le cadre applicables à la réalisation d’analyses du cycle de vie.

Cette démarche peut revêtir un niveau de complexité très variable selon la profondeur de l’étude et la précision des recherches. Une analyse de cycle de vie consciencieuse – soucieuse de n’oublier aucun impact environnemental et de se baser sur des sources précises et fiables – peut s’avérer très complexe et coûteuse. Une étude approfondie se justifie essentiellement pour un produit distribué à grande échelle. Elle peut se faire alors sur mandat d’une entreprise spécialisée. Certains labels, comme les écolabels européens, requièrent la réalisation d’une analyse du cycle de vie des produits labelisés.

Il existe toutefois de nombreuses études moins détaillées comparant des produits ou des services, comme celle confrontant vaisselle jetable en plastique et vaisselle lavable en porcelaine1.

Déroulement de l’analyse2

Toute étude démarre par le choix d’une unité de comparaison, appelée unité fonctionnelle. Exemple pour la vaisselle: 1000 repas servis. Cette unité intègre la notion de durée de vie: si une assiette en porcelaine dure en moyenne 1000 repas, on comparera ses impacts environnementaux avec 1000 assiettes jetables en plastique.

Le produit étudié est ensuite entièrement décortiqué. L’étude prend en compte les impacts environnementaux liés à la fabrication de chacun de ses composants, ainsi que ceux liés à l’assemblage (plus ou moins importants selon les matières, les procédés et le lieu de production). Une analyse détaillée tiendra compte, par exemple, de la colle servant à faire tenir l’étiquette sur l’emballage.

  
Catégories d’impacts intermédiaires
 Agrégation en catégories
de dommage ou thèmes:
Résultats de l’analyse
du cycle de vie
  •  
  •  
  •  
  •  

Toxicité humaine

Effets respiratoires

Radiations ionisantes

Amincissement de la couche d’ozone

  •  
  •  
  •  
  •  

Santé humaine

Unité: DALY
(nombre de jours
de vie en moins)

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Écotoxicité aquatique

Écotoxicité terrestre

Acidification aquatique

Eutrophisation aquatique

Acidification des sols et fertilité

Occupation du sol

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Qualité des écosystèmes

Unité: PDF*m2*a
(nombre d’espèces
disparues)

  •  
Changements climatiques
  •  

Changements climatiques

Unité: tCO2e
(tonnes équivalents CO2)

  •  
  •  

Énergie non renouvelable

Extraction de matières premières minérales

  •  
  •  

Ressources

Unité: MJ
(méga-joules d’énergie
primaire non renouvelable)

Source: méthode IMPACT 2002+3

Comme le montre le tableau ci-dessus, les résultats d’un écobilan couvrent un large spectre d’impacts. Pour une aide à la décision efficace, il est nécessaire de regrouper (agréger) ces résultats en catégories ou thèmes, voire en un seul indicateur compact. Plusieurs méthodes d’agrégation existent, comme «IMPACT 2002+» ou «eco-indicator ». La Confédération recommande l’utilisation de la méthode des «unités de charge écologique/UCE» (Umweltbelastungspunkte/ UBP en allemand), appelées également «Écopoints».

Exemple: ce graphique montre les résultats d’un écobilan comparant différentes options de distribution d’eau. La tendance globale est parfaitement claire: quel que soit l’indicateur, l’eau minérale en bonbonnes et réfrigérée est la pire option du point de vue des impacts environnementaux, l’eau réfrigérée en fontaine (branchée sur le réseau) sort en deuxième position et l’eau du robinet est la solution de loin la plus favorable.

Impact environnemental – Comparaison de l’eau des fontaines avec l’eau du robinet

Source:
Dr. Jungbluht (2006), Vergleich der Umweltbelastungen von Hahnenwasser und Mineralwasser (données)
Unité du Développement durable du Canton de Vaud (graphique)