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Produits et prestations

Papier et carton

Problématique

En Suisse, on constate une tendance à la hausse de la consommation de papier par habitant ces quarante dernières années. En 2004, la Suisse était le 11e consommateur mondial de papier et carton par habitant (FAOSTAT 2007).

Évolution de la consommation apparente de papier en Suisse entre 1970 et 2005
(en kg par habitant)

La consommation apparente est calculée comme suit: production nationale – les exportations + les importations.

Source : FAOSTAT 2007 et statistique suisse pour le nombre de résidents. La consommation apparente est calculée comme suit: production nationale – les exportations + les importations.

Importation de papier en Suisse en 2007
Allemagne 41,0% Finlande 6.5%
France 12,6% Pays-Bas 4,0%
Autriche 11.9% Reste de l'UE 8,0%
Suède 7,3% Autres pays européens 1,1%
Italie
6,6%
Autres pays
1,0%

Source: OFEV, 2007

En Suisse, environ 70% des fibres servant à la fabrication du papier et du carton sont d’origine recyclée. Malgré ce taux élevé essentiellement dû au carton, il reste qu’une grande partie du papier est encore produite à partir de fibres vierges.

Principaux impacts liés à la production

La fabrication de papier engendre une consommation importante de ressources (bois, substances chimiques, eau, énergie), ce qui induit divers impacts environnementaux (déforestation, rejets dans l’eau, émissions polluantes dans l’air, etc.).

Fabrication de papier à partir de fibres vierges

En plus des papiers recyclés, on distingue deux grandes familles de papiers, produits à partir de fibres vierges:

Utilisation de bois et impacts sur les forêts

Le bois est la principale matière première pour la fabrication du papier. La production d’un kilogramme de papier à partir de fibres vierges nécessite 2,2 kg de bois. Cela explique en partie la responsabilité de l’industrie papetière dans les problèmes de déforestation: un arbre abattu sur cinq est en effet consommé par ce secteur (World Watch Institute)1. Le type de forêts utilisées pour la production de bois à papier, leur localisation et la manière dont elles sont exploitées ont également une incidence importante sur l’écobilan global du produit fini (voir la page Bois).

Substances chimiques et impacts sur l’environnement et la santé

Les substances utilisées couramment dans la fabrication de la pâte à papier sont le peroxyde d’hydrogène, la soude caustique, le silicate de sodium, l’acide gras ou le savon. D’autres produits comme des agents antimoussants ou des agents de fixation sont également ajoutés.

Pour le papier recyclé, le vieux papier est dissout, défibré et désencré. Ce processus de nettoyage est assez coûteux, mais moins polluant que la fabrication de papier non recyclé. Il permet un prix de revient du produit fini équivalent ou inférieur à celui du papier produit à base de fibres vierges. Les encres extraites du vieux papier présentent des concentrations de métaux lourds et autres substances toxiques imposant un traitement particulier pour déchets spéciaux.

Les méthodes de blanchiment à l’eau oxygénée, à l’oxygène ou à l’ozone peuvent avantageusement remplacer le recours au chlore élémentaire et à ses dérivés. L’impact néfaste de cette substance sur les eaux est ainsi réduit.

En termes de blanchiment, on distingue quatre types de papiers, classés selon leur impact sur l’environnement – les deux premiers étant les plus nocifs:

Une très nette préférence sera accordée aux deux dernières catégories, selon les besoins au niveau de la blancheur.

L’industrie papetière traditionnelle utilise dans l’ensemble 2000 substances chimiques différentes (chlore, formaldéhyde, phtalates, métaux lourds, etc.) pour les colorants, les colles, les pigments, etc. Ces substances ont des impacts sur l’environnement et la santé (voir les pages Substances chimiques et Métaux lourds et métalloïdes).

Consommation d’énergie et d’eau et impacts sur le climat et la qualité des eaux

Le processus de fabrication nécessite une grande quantité d’énergie et d’eau pour dissoudre et mélanger les matières brutes, produire la pâte à papier, la presser, la sécher, la lisser et la bobiner.

Les fabriques de papier suisses sont parvenues ces dernières années à améliorer leur efficacité énergétique, mais ces progrès sont annulés par l’accroissement de la consommation de papier.

En Europe, l’industrie de la cellulose et du papier est à l’origine de 40 millions de tonnes de CO2 par an, ce qui représente environ 1% des émissions totales.

Des améliorations notables ont été introduites en Europe pour réduire les volumes d’eau nécessaires à la fabrication de papier, ce qui n’empêche pas le secteur d’être un consommateur majeur de cette ressource. Environ 80% de l’eau utilisée est rejetée dans les eaux usées, avec une teneur importante en agents organo-halogénés2.

Comparaison entre la fabrication d’une tonne de papier à partir de fibres vierges et à partir de papier usagé
Type Matière
première      
Consommation
d’eau  
Consommation
d’énergie  
Production
de déchets    
Teneur en agents
organo-halogénés
dans les eaux rejetées
Papier de fibres vierges,
pâte chimique
2’300 kg de bois
15 m3 9’600 kWh 1’500 kg 280 g
Papier recyclé
de papier usagé
1’250-1’400 kg
8 m3 3’600 kWh 100 kg 50 g

Source: Prévention de la pollution dans le secteur du papier, Centre d’activités régionales pour la production propre CAR/PP, 2005, p. 114

Consommation de matières fibreuses pour la fabrication de papier et de carton en Suisse (2007)
Cellulose 536’237 t 37%
Pâte de bois 136’767 t 10%
Vieux papier 765’837 t 53%
Total 1’438’841 t 100%

Source: OFEV, Statistique du papier 2008

UTILISATION ET RECYCLAGE

Une grande partie du papier consommé en Suisse est utilisé comme papier graphique. Le reste est divisé entre le papier journal, les papiers pour le carton ondulé, le carton, les papiers de ménage et hygiénique et les papiers d’emballage.

Statistique du papier 2007

Source : Statistique du papier 2007, OFEV

Étant donné les impacts environnementaux importants du papier fabriqué à base de fibres vierges, il est vivement recommandé de s’approvisionner autant que possible en papier recyclé, ce qui réduit environ de moitié la consommation d’énergie et d’eau, utilise moins de fibres vierges et limite la surexploitation forestière. On estime que les fibres peuvent être réutilisées jusqu’à sept fois pour la fabrication de nouveaux papiers recyclés3. Les habitants de Suisse semblent plutôt sensibles à ce potentiel de réutilisation, puisque le taux de recyclage du papier et carton s’élève à 77,2%4.