Guide des achats professionnels responsables

Produits et prestations

Articles de papeterie et fournitures de bureau

Problématique

Les exportations d’articles de papeterie et fournitures de bureau restent élevées en Europe, même si, depuis une dizaine d’années, la tendance est à la baisse. La production de ce secteur se localise de plus en plus du côté de l’Asie, notamment en Chine. Ces pays émergents ne disposent souvent pas encore d’une législation aussi contraignante que celle de l’Europe. On peut donc redouter que les conditions de travail dans lesquelles ces produits sont fabriqués (voir la page Conditions de travail et engagement sociétal des entreprises) ainsi que leur impact environnemental ne soient pas optimaux.

On peut relever que la Chine arrive en tête des pays exportateurs dans ce domaine, avec un montant d’exportations ayant plus que doublé entre 2003 et 2006, pour atteindre 1,77 milliard de dollars en 2006. L’Allemagne et le Japon suivent de près. La Suisse exporte pour 221,8 millions de dollars (2006) d’articles de papeterie et fournitures de bureau.

Les industries du secteur se sont regroupées ces dernières années pour former des «multinationales de la fourniture de bureau» assurant, en plus de la vente des articles, des services tels que la gestion des commandes et les livraisons.

Il est fréquent de voir ces entreprises mettre en place des tournées de livraisons. Même si les quantités livrées par client sont peu importantes, l’organisation de ces tournées est généralement efficace et permet de regrouper de nombreux clients. Dans certains cas, les fournisseurs ont même transféré une partie des transports vers le rail, entre leur propre centrale et certains dépôts avancés.

Le domaine des articles de papeterie et fournitures de bureau se caractérise par de nombreux produits de très petite valeur; le coût d’achat du produit a un poids assez faible au regard du prix final, qui comprend également des coûts annexes (référencement en catalogue, stockage, distribution et gestion administrative). Si un produit «responsable» présente parfois un coût d’achat un peu plus élevé (ce n’est de loin pas la règle), ce facteur n’a aucune répercussion sur les coûts annexes. Le coût final unitaire n’augmentera que de quelques centimes, justifiés par le caractère durable, rechargeable et/ou recyclable de l’article choisi. De plus, le fait d’avoir recours à des articles plus solides, rechargeables, moins nocifs ou posant moins de problèmes au stade de l’élimination permet le plus souvent de compenser rapidement ce léger surcoût.

PRODUCTION: MATÉRIAUX ET SUBSTANCES

Les fournitures de bureau sont fabriquées à partir de matières premières très diverses, principalement du papier, du carton, du bois, des matières synthétiques ou des métaux.

Colles, adhésifs et encres

Les principales substances chimiques contenues dans les produits adhésifs et les encres peuvent s’avérer particulièrement toxiques si elles contiennent du toluène, du xylène, du benzène ou des agents de conservation comme le formaldéhyde (voir la page Substances chimiques). Pour diminuer ces risques sur la santé, les fournisseurs proposent de plus en plus souvent des encres avec solvants à l’eau ou à base d’éthanol.

IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX LIÉS À L’UTILISATION

Les fournitures de bureau peuvent être:

Un nombre croissant de fournisseurs présente une partie de leur assortiment en tant que produits «verts». Certains de ces articles possèdent effectivement un caractère durable (exemple: une règle en polyéthylène recyclé), d’autres ne font que véhiculer une image écologique (exemple: un stylo fabriqué en bois, mais avec du bois provenant de plantations industrielles en zone tropicale, voir forêt tropicale).

Pour obtenir des articles véritablement écologiques et socialement responsables, on privilégiera les produits à longue durée de vie, rechargeables et facilement recyclables, en trouvant un équilibre entre ces trois axes. Si un article impose par sa fonction un usage unique, il est important que les matériaux le composant soient facilement recyclables (et le plus homogènes possible). Exemple: un cahier, une fois rempli, est soit archivé, soit jeté; une couverture en carton plus ou moins rigide suffit largement à cet usage, alors qu’une couverture en chlorure de polyvinyle (PVC) ne se justifie pas (la production et l’élimination de ce plastique sont polluantes et il faut l’éviter autant que possible pour des produits à faible durée de vie). L’utilisation d’un rouleau adhésif en PVC pour fermer les cartons lors d’un déménagement est par contre justifiée, car les rouleaux en polypropylène (PE) se déchirent un peu plus facilement. Mais ces mêmes rouleaux en polypropylène (PE) suffiront amplement pour des envois standard.

Les fournitures de bureau fabriquées à partir de matériaux recyclés sont de plus en plus courantes. On les privilégiera si elles restent intéressantes au niveau des autres aspects environnementaux (notamment le transport et la présence potentielle de substances chimiques nocives).

L’utilisation de fournitures de bureau rechargeables est également de plus en plus répandue. En simplifiant l’assortiment disponible (deux à trois modèles de stylos plutôt que quinze) et en intégrant de manière bien visible les cartouches de recharge dans l’assortiment, on évitera d’accumuler inutilement des cartouches de recharge de différentes marques et modèles. La diminution de l’assortiment sur la base de critères écologiques et sociaux est un très bon filtre pour orienter l’acheteur vers les produits les plus responsables (voir la page Méthodologie pour mettre en place une politique d’achat responsable).

Emballages

Certains petits articles sont conditionnés dans des emballages particulièrement volumineux et composés de divers matériaux très souvent inutiles. Il est important, par ailleurs, de négocier avec les fournisseurs le recours à des emballages de livraison réutilisables et de s’assurer régulièrement que ceux-ci sont effectivement repris par les livreurs, retournés aux fournisseurs et réintroduits dans la chaîne de distribution.

ÉLIMINATION

Pour réduire la production de déchets liés aux fournitures de bureau, on peut s’attacher aux principes suivants: «en matériaux recyclés», «longue durée de vie», «rechargeable» et «recyclable».

Pour les articles se composant de plusieurs parties constituées de divers matériaux, il est utile de procéder à une réflexion approfondie dès le stade de l’achat afin de simplifier la procédure d’élimination. On devrait, par exemple, éviter à tout prix les marqueurs avec corps en aluminium: qui fera l’effort de séparer cette partie du reste du stylo pour recycler le métal? Pour les articles dont les composants sont difficilement séparables, on préférera des matériaux pouvant être traités de manière identique en fin de vie (par exemple un marqueur avec un corps synthétique). Dans ce cas précis, la possibilité d’incinérer l’ensemble du marqueur – et donc son corps en matière synthétique – doit être préférée au gaspillage d’aluminium, lequel, jeté aux ordures, finira immanquablement à l’usine d’incinération (ou dans une décharge) et ne pourra plus jamais être utilisé. Il existe sur le marché un grand nombre de marqueurs en matière synthétique recyclée, à grande capacité et à prix identiques.