Guide des achats professionnels responsables

Produits et prestations

Prestations de déplacements

PROBLÉMATIQUE

De manière générale, les déplacements de personnes n’ont cessé d’augmenter ces dernières années en Suisse et la voiture reste le moyen de transport préféré de la population helvétique1.

Ces déplacements entraînent divers impacts:

Le tableau ci-dessous compare les différents coûts externes liés au transport par route et par rail; il montre que les impacts découlant du trafic touchent différents domaines, par exemple les atteintes au paysage ou les dégâts sur les bâtiments.

Coûts externes des transports pour l’année 2005
En millions de CHF (valeurs de référence)

 Route
 Rail Total Total en %
Accidents
Bruit
2’017
1’101
  30
74
  2’047
1’174
  24,0 %
13,8 %
Coûts de la santé dus à la pollution de l’air
Dégâts aux bâtiments dus à la pollution de l’air
1’834
274
  120
15
  1’954
289
  22,9 %
3,4 %
Climat
Nature et paysage
1’256
687
  7
110
  1’264
797
  14,8 %
9,3 %
Pertes agricoles
Dégâts aux forêts
63
64
  2
2
  65
66
  0,8 %
0,8 %
Dégâts aux sols
Coûts supplémentaires en zone urbaine
Processus en amont et en aval
107
78
593
  33
20
41
  140
99
634
  1,6 %
1,2 %
7,4 %
Total
Part du total
8’074
94,7

%
455
5,3

%
8’529
100

%
100,0 %

Source: Coûts externes des transports en Suisse, mai 2008, OFEV

CHOIX DES MODES DE TRANSPORT

Tout organisme devrait se doter d’un plan de mobilité. Les directives de ce plan doivent évaluer en premier lieu les besoins réels au niveau des déplacements et, le cas échéant, orienter l’utilisateur vers les modes de transport présentant le moins d’impacts négatifs sur la santé et sur l’environnement.

L’acheteur s’efforcera de privilégier les modes de transport présentant un maximum d’avantages pour les utilisateurs (durée, sécurité, flexibilité, confort, rentabilité), tout en engendrant le moins d’impacts négatifs possible sur l’environnement. Il se posera pour cela les questions suivantes:

Le déplacement prévu peut-il être évité ou encore limité?

Exemples de mesures alternatives à un déplacement:

  • conférence téléphonique ou vidéoconférence
  • échange de e-mails

Exemples de mesures alternatives limitant les déplacements:

  • regroupement de réunions
  • sorties scolaires aux alentours de l’établissement
  • voyages d’études en Suisse ou dans les pays voisins accessibles par voie ferrée

Si NON:

Le déplacement peut-il s’effectuer (dans l’ordre de préférence et selon les possibilités):
  • à pied?
  • en vélo ou vélo électrique?
  • en transports en commun (bus/tram/métro, train, bateau)?
  • en combinant ces modes de transport?
  • en combinant ces modes de transport avec une voiture (carsharing)?

Pour mieux évaluer la situation, prendre en compte les éléments suivants:

  • distance à parcourir
  • temps à disposition
  • horaires du déplacement (risques d’embouteillage, disponibilité des transports en commun, horaires des transports publics coordonnés avec ceux des séances, etc.)
  • accessibilité en transports publics (proximité du lieu des séances avec les arrêts desservis)
  • besoin de travailler lors du déplacement (possible en transports en commun)
  • matériel à transporter
  • coût7

Si NON:

Si la voiture s’avère plus appropriée que les solutions ci-dessus, le trajet peut-il être effectué:
  • en recourant au système de carsharing (par exemple Mobility Carsharing Suisse)?
  • en adoptant le covoiturage?

 

Avant de choisir l’avion pour une destination moyen-courrier pour des raisons de temps, on vérifiera soigneusement que le calcul de la durée de déplacement prend en compte les trajets de porte à porte. Le train est parfois plus pratique, les gares étant situées au centre des villes. Quant aux court-courriers, le temps d’attente, d’embarquement et de débarquement peut être plus long que celui passé dans l’avion; les possibilités de travailler pendant le temps de déplacement sont dans ce cas fortement réduites.

Voyage d’affaires Genève-Zurich – indicateurs comparatifs selon le mode de transport

Indicateurs comparatifs selon le mode de transport

Source: Umweltindikatoren im Verkehr, EPFZ, 2008

Le graphique ci-contre compare trois modes de transport selon quatre paramètres: temps, coût, émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’oxyde d’azote (NOx). Il montre quel mode de transport choisir selon la priorité accordée (diminution des impacts sur l’environnement, temps de trajet, prix).

IMPACTS SUR L’ENVIRONNEMENT

Les impacts sur l’environnement liés aux déplacements incluent les émissions polluantes (air et sol), la consommation de ressources non renouvelables, l’utilisation du territoire (espace) et les nuisances sonores. Voir la page Transports de marchandises pour plus de détails sur ces différents points.

Le graphique ci-dessous représente divers impacts environnementaux pour chaque mode de transport, selon la méthode des unités de charge environnementale (voir la page Écobilans et énergie grise), la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.

Comparaison des moyens de transport selon différents indicateurs, par passager-kilomètre
(référence: voiture essence = 100%)

Comparaison des moyens de transport

Source: KBOB

Pour les trajets terrestres courants, il est recommandé d’utiliser autant que possible les transports en commun, leurs impacts environnementaux étant plus faibles que ceux de la voiture individuelle. En 2006, les produits pétroliers fournissaient plus de 96% de l’énergie totale consommée pour les transports en Suisse. Les trains et trolleybus consommaient, quant à eux, seulement 3,8% de l’énergie utilisée dans les transports, alors qu’ils représentaient 15% des prestations8.

En dehors de la mobilité urbaine et périurbaine, les déplacements professionnels en avion peuvent s’avérer incontournables si la destination n’est pas desservie par un autre moyen de transport dans une durée raisonnable (moins d’une journée, sur la base d’un transport en train) ou si le collaborateur doit se rendre urgemment sur place. En dehors de ces deux cas, on devrait si possible éviter l’avion. Pour un même nombre de kilomètres parcourus, l’avion est en effet le plus énergivore sur les courtes distances. Pour les longues distances, un trajet en voiture entraîne un impact environnemental plus important par kilomètre parcouru que l’avion; dans ce cas, il est donc pertinent de prendre l’avion (mais on ne ferait de toute manière pas 10000 km en voiture…).

Pour les camps scolaires ou voyages d’études, on sera attentif au choix de la destination afin de privilégier les moyens de transport générant le moins d’impacts environnementaux par personne. Il n’est pas forcément nécessaire d’aller très loin pour vivre des expériences enrichissantes et fortes sur le plan éducatif.

Pour l’achat d’une prestation globale de déplacements de personnes, il est possible d’établir un cahier des charges incluant des critères relatifs au respect de l’environnement : participation des chauffeurs à un cours de conduite écologique, mise à disposition d’une flotte de véhicules ayant le moins d’impacts possible sur l’environnement (voir la page Voitures de tourisme et véhicules utilitaires légers), etc. Pour les critères relatifs aux transports de biens, voir la page Transports de marchandises. Au cas où l’achat d’une flotte de véhicules s’avère nécessaire, se reporter à la page Voitures de tourisme et véhicules utilitaires légers.