Guide des achats professionnels responsables

Produits et prestations

Aménagement et entretien des espaces verts

PROBLÉMATIQUE

Selon les estimations de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), la Suisse abrite environ 10'000 espèces végétales2 et champignons et environ 40'000 espèces animales; 30 à 50% de cette faune et flore sont plus ou moins gravement menacés3. L’objectif de la gestion des espaces verts en milieu urbain est de préserver cette biodiversité et de mettre en réseau ces espaces, tout en offrant aux citoyens un cadre de vie et de détente agréable.

Le cycle de croissance des populations végétales et animales est influencé par des facteurs naturels ou anthropiques tels que le climat, la qualité et la quantité des éléments nutritifs, l’apparition de maladies (naturelles ou dues aux substances toxiques déversées dans l’environnement), l’isolement par rupture des voies de déplacements ou de migrations ou encore l’invasion par des plantes ou des animaux exotiques (néobiotes). Les principaux facteurs de stress spécifiques aux zones urbaines sont la fragmentation des milieux naturels, l’imperméabilisation du sol (constructions bétonnées et voies routières), la concentration de substances nocives ou toxiques, le bruit et l’éclairage nocturne.

Les espaces verts dans les zones urbaines ont de nombreuses fonctions:

Les professionnels de l’aménagement et de la gestion des espaces verts doivent tenir compte de ces différentes fonctions, en se référant au plan ou aux directives d’aménagement territorial cantonal ou communal. L’acheteur de la prestation pourra inclure dans le cahier des charges du soumissionnaire un critère relatif au respect de ce plan d’aménagement.

AMÉNAGEMENT DES ESPACES VERTS ET CHOIX DES ESPÈCES

Gestion différenciée

En combinant différents types d’aménagements adaptés à chaque espace, la gestion différenciée apporte des bénéfices à la fois financiers, écologiques et sociaux. Opter pour des prairies fleuries à la place de pelouses dans un parc public, par exemple, permet d’enrichir la biodiversité, de fleurir généreusement ce parc et de réaliser des économies4. Les divers espaces verts présenteront une apparence différente (gazon uniforme, pelouse fleurie, prairie maigre, haies et taillis, zones arborisées, plates-bandes fleuries, etc.) selon la fonction prioritaire recherchée et la perception du paysagiste/jardinier5.

La gestion différenciée des espaces verts est un bon moyen pour atténuer les facteurs de stress de la biodiversité tout en répondant aux exigences des aménagements urbains. Elle permet notamment de développer des corridors écologiques favorisant le passage de la faune entre les différents espaces autour et dans la ville.

La gestion différenciée vise à économiser les ressources et à adopter une démarche plus écologique. Ses objectifs sont les suivants:

La collectivité ou l’entreprise s’attachera à établir un plan de gestion différenciée de ses espaces verts. Il s’agira de faire un inventaire de ces derniers et de définir des priorités afin d’attribuer un rôle à chacun des espaces inventoriés: places de jeux, zones de détente, espaces naturels, sites à vocation didactique, terrains de sport, zones de passage, etc. Après cette première étape, on pourra élaborer des directives globales et spécifiques et les communiquer aux différentes personnes en charge de l’aménagement et de l’entretien. La ville de Lausanne a réalisé un «manuel d’entretien différencié» visant à détailler les différents modes d’entretien par type de surface.6

Type d’aménagement selon la fonction recherchée

Ce tableau donne une évaluation de la priorité accordée aux différentes fonctions selon le type d’aménagement. Il ne prend pas en compte la fonction esthétique, en raison de son caractère subjectif. Il ne traite pas non plus des chemins, pour lesquels on peut également privilégier la biodiversité (chemin en terre par exemple).

Éléments


Fonction
environnementale

Fonction récréative
(ou «didactique»)

Fonction identitaire
(peut être perçue diffé-
remment selon le site)
 
Gazon •••
Pelouse fleurie •• •• ••
Prairie fleurie ••• •• •••
Surfaces rudérales (friches) ••• ••
Arbres et arbustes d’espèces locales ••• •• •••
Arbres et arbustes d’espèces exotiques ••
Haies avec espèces locales ••• •• •••
Haies avec espèces exotiques ••
Étang ••• ••• •••
Bassin ••
Choix des espèces

On privilégiera par principe les espèces locales afin de limiter l’introduction d’espèces exotiques (néophytes), potentiellement envahissantes. Le mot néophytes désigne des espèces végétales introduites par l’homme, volontairement ou non, et pouvant entrer en concurrence avec les essences indigènes. Parmi les quelque 3000 espèces que compte la flore suisse, près de 350 sont des néophytes, dont 10 à 34 espèces envahissantes (1,2% de la flore nationale)7. Il existe une liste inventoriant les nouvelles espèces exotiques en Suisse: elle ne recense pas moins de 575 nouvelles espèces animales, végétales et mycologiques, dont une quarantaine seraient envahissantes et/ou toxiques.

Néophytes à exclure impérativement (liste non exhaustive)

 Noms français

 Noms latins
 Effets sur les espèces
 indigènes et le milieu
 Impacts sur l’être humain
 et ses activités
Arbre à papillon
(ou buddléa de David)
Buddleja davidii
  • Limite la diversité
    spécifique
  • Ralentit la dynamique
    des zones alluviales
 
Ambroisie
à feuilles d’armoise
Ambrosia artemisiifolia
  • Envahit les milieux
    alluviaux
  • Particulièrement
    problématique: allergies
    respiratoires possibles
    à cause du pollen8

Ailante Ailanthus altissima
  • Envahit son milieu
  • Détruit certaines espèces
    héliophiles (qui exigent
    un fort ensoleillement)
  • Irritations cutanées
    possibles lorsqu’on touche
    l’écorce, les feuilles et les
    rameaux
Bident feuillu Bidens frondosa
  • Entre en concurrence avec
    les bidents indigènes
  • Toxicité potentielle pour le bétail
Berce du Caucase Heracleum
mantegazzianum
  • Étouffe la végétation
    indigène
  • Augmente la matière
    nutritive des rivières
    et empêche les oeufs de
    truites de se développer
  • Brûlures très
    douloureuses après
    contact et exposition de
    la peau au soleil
  • Contamination potentielle
    de champs entiers
Élodée de Nuttall
(plante aquatique)
Elodea nuttallii
  • Envahit son milieu
 
Impatiente glanduleuse
à grandes fleurs
Impatiens glandulifera
  • Détruit les espèces
    héliophiles (qui exigent
    un fort ensoleillement)
  • Provoque l’érosion des
    berges
  • Appauvrit la biodiversité
 
Jussie à grandes fleurs
(plante aquatique,
pousse aussi sur le sol)
Ludwigia grandiflora
  • Envahit son milieu
  • Banalise les écosystèmes
 
Renouée du Japon Reynoutria japonica
  • Envahit son milieu
  • Provoque des dangers
    d’érosion sur les berges
    et les rives abruptes
 
Robinier faux-acacia Robinia pseudoacacia
  • Détruit les espèces
    héliophiles (qui exigent
    un fort ensoleillement)
  • Élimine les espèces
    pionnières indigènes
  • Potentiellement toxique
    en cas d’ingestion de
    l’écorce, des graines ou
    des feuilles
Séneçon du Cap Senecio inaequidens
  • Transmet par ses racines
    des substances toxiques
    aux graines des alentours
  • Toxique pour le bétail
Solidage géant Solidago gigantea
  • Envahit son milieu, notam-
    ment les parcelles agricoles
 
Vinaigrier (ou sumac) Rhus typhina
  • Envahit son milieu
  • Appauvrit la biodiversité
    floristique
  • Irritations cutanées
    potentielles lorsqu’on
    touche l’écorce, les
    feuilles et les rameaux

Source: fiches info, plantes exotiques envahissantes
Unité de développement durable, État de Vaud > www.vd.ch/durable

L’État de Genève met à disposition, sur son site internet, une liste d’espèces arbustives et arborescentes à favoriser dans les espaces verts du canton.

L’Association Infocentre Plantes sauvages et ProNatura fournissent des listes de référence pour le choix des plantes et arbustes indigènes:

Exemples de plantes à fleurs de l’Ouest du Plateau suisse à privilégier
       Noms français Noms latins
  • Achillée millefeuille
Achillea millefolium
  • Aigremoine eupatoire
Agrimonia eupatoria
  • Anthyllide vulnéraire
Anthyllis vulneraria
  • Brunelle à grandes fleurs
Prunella grandiflora
  • Bugrane rampante
Ononis repens
  • Campanule à feuilles rondes
Campanula rotundifolia
  • Centaurée scabieuse
Centaurea scabiosa
  • Épervière piloselle
Hieracium pilosella
  • Esparcette à feuilles de vesce
Onobrychis viciifolia
  • Hélianthème nummulaire
Helianthemum nummularium
  • Knautie des champs
Knautia arvensis
  • Orpin reprise
Sedum telephium
  • Petite pimprenelle, pimprenelle polygame
Sanguisorba minor
  • Potentille de Neumann, potentille de Tabernaemonta, potentille du printemps
Potentilla neumanniana
  • Salsifis des prés
Tragopogon pratensis
  • Scabieuse colombaire
Scabiosa columbaria
  • Thym de carniole
Thymus pulegioides

En 1992, une enquête de la Commission suisse pour la conservation des plantes sauvages (CPS) a montré qu’une partie des graines de fleurs sauvages vendues sur le marché suisse n’était pas d’origine indigène. Cette constatation a déclenché la mise en place de recommandations pour des semences adaptées aux conditions locales. Elles se réfèrent aux nouvelles directives pour la compensation écologique de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) et tiennent compte des zones biogéographiques de Suisse définies par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV)9. Au niveau du canton de Genève, la direction générale de la nature et du paysage (DGNP) a entrepris des démarches visant à ce que seuls des mélanges contenant des espèces indigènes avec une provenance locale soient proposés sur le marché, notamment en éditant des «Recommandations relatives à la fourniture des mélanges grainiers “Genève”».10

Exemples d’arbustes et arbres indigènes de l’Ouest du Plateau suisse à privilégier11
       Noms françaisNoms latins
  • Charmille, charme
Carpinus betulus
  • Chèvrefeuille des haies, camérisier
Lonicera xylosteum
  • Cornouiller mâle
Cornus mas
  • Cornouiller sanguin
Cornus sanguinea
  • Églantier, rosier des chiens
Rosa canina
  • Érable champêtre
Acer campestre
  • Fusain d’Europe
Euonymus europaea
  • Houx
Ilex aquifolium
  • If (attention aux baies toxiques)
Taxus baccata
  • Nerprun purgatif
Rhamnus cathartica
  • Noisetier, coudrier
Corylus avellana
  • Prunellier, épine noire
Prunus spinosa
  • Saule pourpre, osier rouge
Salix purpurea
  • Sureau noir, grand sureau
Sambucus nigra
  • Troène vulgaire
Ligustrum vulgare
  • Viorne lantane, mancienne
Viburnum lantana
  • Viorne obier, boule-de-neige
Viburnum opulus
Pistes d’aménagements favorables à une renaturation des espaces verts

L’objectif de cette partie est de fournir à la personne chargée d’acquérir des prestations d’aménagement et d’entretien des espaces verts des pistes de réflexion permettant de favoriser la sauvegarde ou le développement de la biodiversité.

Piste 1: corridors écologiques et «mise en réseau» de la faune et de la flore

Un muret, une clôture grillagée, une route ou de simples cheminements dallés peuvent représenter des obstacles infranchissables pour certaines espèces, selon leur taille et leur rapidité à se déplacer. Les végétaux sont eux aussi sans cesse confrontés à des barrières construites par l’être humain. Le morcellement des espaces verts empêche les espèces vivantes de suivre leurs cycles naturels et accélère leur extinction. Pour atténuer ces effets indésirables et créer des corridors écologiques en milieu urbain, on peut avoir recours aux aménagements suivants12:

La Vuachère est la seule rivière lausannoise visible en surface. Entourée d’une bande boisée, elle traverse la ville pour se jeter dans le lac Léman. Ce corridor écologique compte parmi les quelques ponts naturels reliant la nature et l’agglomération. Des mesures sont donc prises pour protéger ce milieu. On citera à titre d’exemple un des objectifs du plan d’affectation cantonal concernant la zone de Vennes (dans les hauts de Lausanne) qui vise à «la préservation, voire l’amélioration des fonctions et des valeurs naturelles du site». Cette démarche se traduit par un règlement préconisant les points suivants:

  • le corridor boisé de la Vuachère et sa bande tampon doivent rester libres d’obstacles tels que des clôtures, barrières et autres éléments gênant le déplacement de la faune. L’éclairage nocturne est réduit au maximum dans ce secteur
  • la strate herbacée des espaces naturels est entretenue sous forme de prairies permanentes extensives
  • dans la bande tampon de la Vuachère, la plantation de buissons destinés à étoffer la lisière est admise, de même que la plantation d’arbres isolés
  • seules peuvent être plantées les essences ligneuses suivantes: érables, tilleuls, chênes, frênes, hêtres, charmes, cerisiers, cognassiers, noyers, poiriers, pommiers, pruniers, etc.

Le projet de la Voie Verte à Genève est un autre exemple de corridor écologique. Ce parcours de 22 km à travers l’agglomération accueillera les piétons et les cyclistes et il permettra de développer la biodiversité dans la ville et les communes avoisinantes. Ses objectifs sont multiples:

  • encourager la mobilité douce
  • relier les pôles de transports publics
  • déplacer la pression touristique et de loisirs
  • relier les zones à forte densité avec le reste de l’agglomération
  • améliorer la qualité écologique
  • contribuer au maillage entre milieux aquatiques et végétaux
  • améliorer le cadre de vie
  • valoriser le paysage du bassin genevois
  • créer un projet didactique
Piste 2: préservation des habitats des espèces nicheuses

Dans notre pays, environ 40% des espèces nicheuses régulières se trouvent sur la «Liste rouge des espèces menacées de Suisse» (2001). 12% sont potentiellement menacées, et le risque existe qu’elles entrent aussi sur la liste rouge. Les espèces reproductrices trouvent leur habitat dans différents milieux, principalement la forêt, les zones humides et les zones agricoles. Douze espèces nicheuses habitent en zone urbaine, parmi lesquelles 25% se trouvent sur la liste rouge13. On fera appel à un spécialiste pour trouver les solutions adéquates afin de préserver leurs habitats naturels. La préservation des habitats dans les zones urbaines favorise également les espèces migratoires.

Piste 3: éclairage adapté en fonction du milieu (terrains de sport, jardins publics, vergers, etc.)

L’éclairage de nuit est à privilégier dans les zones très passantes et à certaines heures, mais il peut également être réduit ou automatisé en fonction du passage des piétons. Cette démarche permet d’atténuer les effets perturbants de l’éclairage pour la faune et la flore. Les espèces particulièrement vulnérables sont les suivantes:

Cette liste, non exhaustive, donne quelques exemples d’impacts d’un éclairage excessif sur la faune et la flore. Les effets les plus déterminants pour les animaux et les végétaux sont l’intensité lumineuse, la composition du spectre, le moment et la durée, la périodicité de l’éclairage et sa direction. Dans les zones sensibles (parcs, zones humides, lisières de forêts, etc.), l’éclairage pourra donc être adapté de façon à réduire le plus possible les nuisances – ce qui permettra du même coup de réaliser d’importantes économies d’énergie14.

Piste 4: intégration du milieu aquatique et lutte contre l’imperméabilisation du sol

Les espaces verts peuvent accueillir des bassins de rétention pour les eaux pluviales. Ces bassins compensent les espaces bétonnés empêchant l’infiltration de l’eau dans le sol; ils permettent également de la filtrer en cas de ruissellement sur des zones polluées (parkings, routes) ou de la stocker temporairement en cas de pluies d’orage. Il existe plusieurs types de bassins de rétention, dont des bassins ouverts, pouvant être aménagés sous forme de plans d’eau. La taille de ces bassins peut varier de la simple tranchée au lac artificiel, en passant par les étangs15.

Une autre façon de réduire les impacts de certains aménagements urbains sur l’eau – par exemple lors de la construction de parkings extérieurs – est de choisir des dalles alvéolées permettant à l’eau de s’infiltrer dans le sol à travers l’espace enherbé laissé à l’intérieur de chaque alvéole. Autre solution: les toitures végétalisées, qui recouvrent les bâtiments de verdure, tout en présentant une fonction tampon lors de gros orages.

ENTRETIEN DES ESPACES VERTS

La partie ci-dessous présente les principaux enjeux liés à l’entretien des espaces verts dans les communautés urbaines. L’acheteur pourra inclure dans le contrat du prestataire de service des clauses spécifiant le respect de ces critères.

Utilisation de produits phytosanitaires

En Suisse, l’utilisation de produits phytosanitaires dans les espaces verts est très réglementée16. Ces produits sont nuisibles pour l’environnement et indirectement pour la santé. Le glyphosate, par exemple, largement utilisé dans les désherbants non-sélectifs courants, est un herbicide toxique pour l’être humain et dangereux pour l’environnement lors de sa dégradation. Son utilisation, notamment par les particuliers, reste cependant largement répandue. L’objectif est de réduire au maximum l’utilisation de produits phytosanitaires.

Consommation d’eau

Suivant les espèces de plantes, leur exposition au soleil et leur emplacement en aval ou en amont des pentes, le volume d’eau pour l’arrosage peut fortement varier. On privilégiera les plantes demandant peu d’arrosage (les plantes indigènes ont une grande capacité d’adaptation aux périodes de sécheresse et d’humidité) et l’on placera si possible les plantes exigeant davantage d’humidité en bas des pentes, afin qu’elles bénéficient du ruissellement des eaux de pluie ou d’arrosage.

Si l’on est obligé d’arroser, on privilégiera les arrosages automatiques équipés d’une cellule de captage d’humidité permettant un arrosage optimal (fréquence et durée de l’arrosage selon les besoins). Le fait d’arroser les plantes au moment le plus frais de la journée réduit l’évaporation de l’eau et évite un choc thermique pour la végétation.

Consommation d’énergie et pollution de l’air

Les différentes machines d’entretien des espaces verts sont la plupart du temps motorisées; elles engendrent une consommation d’énergie et une pollution sonore et de l’air plus ou moins importantes selon les types de moteurs. Les petits appareils électriques permettent de réduire la consommation énergétique et sont moins bruyants que ceux équipés de moteurs à essence.

S’il n’est pas possible d’utiliser des appareils électriques, on privilégiera les moteurs à 4 temps plutôt qu’à 2 temps et l’on préférera l’essence alkylée à l’essence ordinaire. L’essence alkylée contient moins de 0,5% de substances aromatiques (dont du benzène), contre plus de 35% pour l’essence ordinaire, et ses rejets de substances nocives dans l’air sont moindres (soufre, hydrocarbures aromatiques, etc.)17. Voir la page Combustibles et carburants. L’essence alkylée laisse un minimum de dépôts dans le moteur et le pot d’échappement, elle augmente la performance des appareils ainsi que leur durée de vie et se conserve bien plus longtemps que l’essence ordinaire. Ce carburant est donc recommandé pour tous les petits appareils tels que tondeuses à gazon, tronçonneuses, souffleuses à feuilles, débroussailleuses, etc.

On veillera à ce que les véhicules plus lourds (pelleteuses, mini-tracteurs avec godet de terrassement, etc.) soient équipés de filtres à particules.

Nuisances sonores

Les émissions sonores des engins d’entretien dépassent souvent 90 dB(A) (équivalant au niveau sonore d’une discothèque), seuil difficilement supportable pour l’homme sans protection pour les tympans et qui génère un stress important pour la faune. Les nuisances sonores sont généralement liées à la taille du moteur: si celui-ci est petit, il sera plus bruyant, car il tournera plus vite. Par ailleurs, les engins électriques sont moins bruyants que les appareils à moteur.

ÉLIMINATION ET VALORISATION DES DÉCHETS VERTS

Le compostage des déchets verts est une manière intéressante de valoriser ces déchets. Une fois prêt à l’emploi, le compost ajoute des nutriments et des matières organiques au sol. En Suisse, le compostage doit répondre à des exigences concernant la teneur en métaux lourds, en corps étrangers et en pierres, afin de limiter les risques de pollution liés à son utilisation18. L’Association Suisse des Installations de Compostage (ASIC) a créé un label pour garantir la qualité du compost utilisé en agriculture, en horticulture, en maraîchage et paysagisme ou pour les cultures sous abri.

Mode de traitement des déchets verts en Suisse en 2003 (en volume)
(en pourcentage des tonnes traitées)

Mode de traitement des déchets verts en Suisse en 2003

Source: OFEV, section déchets

La quantité de déchets verts compostés dans les principales installations de compostage et d’incinération a augmenté de 73% en 18 ans (de 1985 à 2003). Environ 16% des déchets verts traités dans ces installations proviennent des services publics. Une fois composté, le mélange est utilisé principalement pour l’agriculture (65%).

La tonte des pelouses, le fauchage des prairies, l’élagage des arbres, la taille des haies ainsi que le ramassage des feuilles mortes, etc., engendrent des déchets organiques qui peuvent être compostés. Lors de l’élagage, il est possible de laisser sur place des tas de branches qui se décomposeront petit à petit, afin de créer une structure d’habitat pour la faune (larves, reptiles, hérissons)19. Les tas de feuilles mortes peuvent également constituer un habitat pour certains animaux, comme les hérissons20. Cette manière de procéder est adaptée aux zones rurales ou aux sous-bois des grands parcs. Les branchages peuvent également être broyés sur place, ce qui permet d’étaler directement les copeaux sur le sol, les plates-bandes ou les petits sentiers. Pour respecter l’équilibre naturel des sols, ces pratiques ne doivent pas être systématiques.

L’autre manière de valoriser les déchets verts est la méthanisation, c’est-à-dire la décomposition des matières organiques par des micro-organismes en l’absence d’oxygène (conditions anaérobiques). Ce processus libère du biogaz (méthane et gaz carbonique), qui est ensuite capté pour produire de l’énergie. Une tonne de déchets verts permet de produire 100 à 150 m3 de biogaz21, soit l’équivalent de 95 à 140 litres de mazout.

Quant aux différents emballages en plastique (sachets de terreau, petits pots de fleurs ou de semis, etc.), ils représentent une part importante des déchets liés à l’entretien des espaces verts. Une fois triés, ils peuvent être repris par une société de recyclage. Soulignons qu’il faut éviter autant que possible de transporter les déchets verts dans des emballages en plastique, afin de faciliter le tri dans les espaces de récupération.