Guide des achats professionnels responsables

Produits et prestations

Prestations d'impression

Problématique

La réalisation d’imprimés nécessite de grandes quantités de ressources (énergie, papier, eau) et fait appel à des produits chimiques présentant des risques importants de pollution des sols, des eaux et de l’air et d’atteinte à la sécurité et à la santé humaine. Pour diminuer les impacts environnementaux et sociaux des imprimeries, il est donc indispensable de veiller à une gestion spécifique des différentes ressources, à un choix réfléchi des procédés d’impression et à un traitement adéquat des déchets.

Les évolutions techniques récentes ont permis de réduire les quantités de ressources utilisées et d’éviter le recours aux produits les plus nocifs, mais ces progrès ne sont pas toujours mis en œuvre. Il est donc recommandé de choisir avec attention son prestataire de services. En se posant les bonnes questions au moment de la conception et planification des impressions, il est également possible d’influencer grandement leur impact.

Techniques d'impression

Il existe différentes techniques d’impression professionnelle. Voici les principales :

Offset par voie humide

Il s’agit du principal procédé d’impression professionnelle employé de nos jours. Il exploite la répulsion naturelle entre l’huile et l’eau: l’encre grasse, en règle générale à base d’huile minérale, alterne avec une solution de mouillage à base d’eau répartie sur les espaces non imprimés.

Numérique

L’impression numérique permet d’imprimer directement à partir de données informatiques et ainsi de se passer des plaques présentes dans les procédés plus anciens comme l’offset ou la lithographie. Cette technique autorise également des impressions à la demande ou en petits nombres d’exemplaires à un coût raisonnable ainsi que des impressions à données variables permettant de personnaliser les documents. La qualité d’impression reste cependant inférieure aux procédés offset.

Il existe deux principaux procédés d’impression numérique. Le jet d’encre se fait par projection de minuscules gouttes d’encre sur le papier. Quant au laser, il attire de l’encre en poudre (toner) grâce à une pièce chargée électrostatiquement et forme un motif, déposé ensuite sur la feuille.

Sérigraphie

La sérigraphie est une technique permettant d’imprimer sur divers supports, en volume et non flexibles (carton, textile, métal, verre, bois, papier, etc.). Ce procédé est couramment utilisé dans de nombreux domaines : signalétique (panneaux, autocollants, etc.), publicité (affiches, objets, etc.), textile (vêtements imprimés, etc.), électronique (circuits imprimés, etc.).

Principaux impacts des techniques standards d'impression

Impression offset par voie humide

Émissions de CO2

L’impression professionnelle est généralement gourmande en énergie en raison de la consommation des imprimantes et de la température élevée nécessaire au séchage des encres (100 – 200°C). Les imprimeurs utilisant essentiellement des sources d’énergies non renouvelables, les émissions mondiales de CO2  liées à cette activité sont donc importantes. Les émissions de l’industrie du papier et des impressions constituent en effet 1,1% des émissions globales de CO2.

Autre émissions

Le processus d’impression entraîne plusieurs types d’émissions : de l’ozone (O3) et des composés organiques volatils (COV). Ces derniers sont générés lors de l’évaporation de divers solvants et autres produits chimiques (notamment de l’alcool isopropylique). Ils peuvent être dangereux pour l’environnement et pour la santé des travailleurs lorsqu’ils sont présents, même en quantité réduite, dans les locaux de production. 

Eau

Les imprimeurs professionnels consomment de très grandes quantités d’eau, essentiellement pour les solutions de mouillage. À cette utilisation massive d’eau potable s’ajoute le problème de la contamination par les différents produits chimiques couramment utilisés.

Papier

En termes de masse, la plus grosse consommation de matière pour les impressions concerne le papier. Le type de papier utilisé détermine donc une part importante de l’impact environnemental des impressions (pour plus de détails à ce sujet, voir la fiche Papier et carton). 

Encres

Selon leurs composants, les encres peuvent provoquer des problèmes environnementaux au moment de leur élimination ou entraîner des impacts sur la santé humaine. Certaines contiennent des métaux lourds (baryum, cuivre, zinc), d’autres des huiles minérales non renouvelables (issues du pétrole). En règle générale, les couleurs métalliques ou fluorescentes sont les plus toxiques.

Impressions numériques

Globalement, les impacts des impressions numériques (laser et jet d’encre) sont similaires à ceux de l’offset (consommation de papier, composition des encres). Mais la technologie numérique laser émet dans l’air au moment de l’impression un niveau particulièrement élevé de particules potentiellement néfastes pour la santé des travailleurs. Une étude plus approfondie devrait être menée pour savoir quelle technique est préférable sous l’angle de la durabilité entre le laser et le jet d’encre.

Impressions sérigraphiques

La sérigraphie consomme de grosses quantités d’eau lors de certains procédés de production, ce qui nécessite une grande attention à la gestion de l’eau et des eaux usées. À l’instar des autres techniques d’impression, elle produit par ailleurs des déchets spéciaux (encres et solvants) qu’il convient de traiter selon la législation en vigueur.

Gestion énergétique et compensation des émissions de CO2
De nombreuses organisations proposent d’accompagner les imprimeurs professionnels dans l’évaluation de la quantité d’émissions de CO2 résultant de leur activité.
Une fois les émissions de CO2 définies, ces organismes proposent des solutions d’optimisation énergétique (par ex. myclimate, Swiss Climate), puis une compensation des émissions restantes (par ex. myclimate, Swiss Climate et ClimatePartner), à travers un financement de projets favorisant la capture de CO2 (gestion durable des forêts ou reboisement, sensibilisation à des pratiques peu gourmandes en énergie, mesures d’économies d’eau chaude, développement des énergies renouvelables, etc.).
Bien que la compensation des émissions de CO2 soit une démarche positive, il est à noter que la priorité doit rester la réduction des émissions, pour compenser ensuite celles qui n’auront pas pu être évitées.

Gestion et élimination des déchets

La gestion et l’élimination des déchets sont des aspects particulièrement importants si l’on veut limiter l’impact environnemental des activités professionnelles d’impression. Ces activités ne génèrent pas seulement de grandes quantités de déchets à traiter ; une partie de leurs déchets sont aussi spécialement nocifs pour les milieux naturels ou pour les personnes, et nécessitent donc une attention particulière.

On distingue deux catégories de déchets d’imprimerie : 

Ces déchets ne nécessitent pas de précautions particulières dans leur manipulation. Néanmoins, comme tous les déchets, ils devraient être recyclés lorsque cela est possible.

Ces déchets sont dangereux pour l’environnement et/ou les personnes. Ils peuvent être nocifs, toxiques, corrosifs, inflammables ou explosifs. Il est particulièrement important que l’imprimerie ait mis en place des mesures spécifiques de traitement et de stockage et qu’elle fasse appel à des prestataires spécialisés pour la collecte et l’élimination. Une utilisation optimale de ces produits permet par ailleurs de réduire le gaspillage et la quantité de déchets à traiter.

Problématique environnementale des encres

Les encres d’imprimerie sont composées d’un mélange de constituants : les pigments (matière colorante), le véhicule (élément fluide) et les additifs.

Les pigments (5 à 25 % de la masse) sont généralement synthétiques, souvent issus de sulfures et oxydes métalliques, parfois à base de métaux lourds (plomb, cadmium, mercure, etc.).

Le véhicule (environ 70 % de la masse) est constitué d’huile minérale, végétale ou d’eau.

Les additifs (entre 5 et 10 % de la masse) peuvent être de plusieurs types : cires synthétiques, sels de métaux, antioxydants, silice.

En raison des nombreuses substances pouvant être utilisées dans les encres, leur dispersion dans la nature, généralement au moment de l’élimination, peut avoir de nombreux effets adverses pour l’environnement et les personnes.

Il est donc particulièrement important que la gestion des déchets d’encre se fasse correctement. Ces résidus peuvent être recyclés et transformés en combustible de basse qualité ou former de l’encre noire qui sera réutilisée. Les déchets toxiques sont soit mis en décharges pour déchets spéciaux, soit incinérés avec un traitement spécial.

Dans l’impression offset, qui nécessite des encres grasses, le nettoyage des machines se fait également à l’aide de solvants potentiellement nocifs pour l’environnement ou les personnes. Ces produits émettent des COV lors de leur évaporation et ont un impact sur la qualité de l’eau lorsqu’ils sont dilués dans les eaux de lavage dans les imprimeries.