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Matériaux et substances

Matières plastiques

PRINCIPAUX IMPACTS SUR L’ENVIRONNEMENT ET/OU LA SANTÉ

Les impacts découlant de la production du plastique se situent essentiellement au niveau de l’importante consommation de ressources fossiles (pétrole et gaz naturel) nécessaires à la fabrication. La production d’un kilogramme de PET, par exemple, nécessite l’équivalent de 1,9 kg de pétrole brut. La pétrochimie est un secteur qui émet directement du dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre impliqué dans le changement climatique. Il ne faut pas oublier non plus que toutes les ressources pétrolières concentrées dans les plastiques produits et utilisés seront elles aussi transformées en émissions de CO2 lors de l’élimination.

Pour certains plastiques, on utilise des additifs chimiques s’avérant parfois toxiques au stade de la production. D’autres additifs deviennent nocifs lors de l’utilisation (les phtalates contenus dans des récipients en plastique peuvent migrer dans les aliments à leur contact, etc.) ou lors de l’élimination du plastique.

Exemple du chlorure de polyvinyle (PVC)

Le PVC dégage de nombreuses molécules nocives durant les diverses phases de son cycle de vie:

  • additifs: chlore, phtalates, plomb, cadmium, mercure
  • coproduits: substances organochlorées, polychlorobiphényles (PCB)
  • éléments émis lors de la combustion: dioxines et furanes, PCB, composés organiques volatils (COV).

Lors de la production, les additifs et coproduits se répandent dans les eaux souterraines, les sols et l’air depuis les sites d’extraction des matières premières et les usines. Ces substances se dégradent partiellement dans l’environnement, mais elles donnent naissance à d’autres sous-produits écotoxiques (voir écotoxicité). Selon les conditions d’utilisation, les objets peuvent libérer des substances cancérogènes ou nocives pour l’être humain, comme le chlorure de vinyl, les phtalates ou d’autres additifs. Lorsqu’il est incinéré, le PVC peut libérer des furanes et des dioxines, hautement cancérogènes. Mis en décharge, il rejette des substances comme les PCB qui se retrouvent dans les eaux souterraines, les sols, etc. Certaines sont persistantes (ne se dégradent pas) et se bioaccumulent dans l’environnement le long des chaînes alimentaires, dans les tissus des êtres vivants. On les retrouve partout dans le monde, même loin des sites de production ou de consommation.

En Suisse, les émissions dues à l’incinération ont été largement réglementées et les usines d’incinération sont équipées de filtres efficaces. Les atteintes à l’environnement restent cependant importantes dans les lieux de production, souvent situés dans des pays moins développés sur le plan de la réglementation environnementale et sociale.

Impacts environnementaux de différents plastiques utilisés dans la construction Indicateur: UCE (unité de charge écologique)

Source: KBOB Données des écobilans dans la construction sur la base de ecoinvent, Recommandations KBOB, Berne 2008

Ce graphique regroupe les produits plastiques de base utilisés dans la construction. Mais étant donné la faible part des impacts dus aux transformations en produit fini, ces données sont parfaitement représentatives pour d’autres utilisations des plastiques en général. On constate ainsi que les plastiques entraînant le moins d’impact (selon la méthode des unités de charge écologique) sont le PP et le PE. L’ABS et le PUR se classent en queue de peloton et le PVC au milieu. Les résultats obtenus par cette méthode correspondent à peu près à la classification établie par Greenpeace, dans l’ordre d’importance croissante des impacts environnementaux: [PE, PP] < PET < PS < PVC.

Le PE et le PP sont les «meilleurs» plastiques à base de pétrole, car l’usage de produits chimiques pour leur fabrication est limité. Ils sont aussi largement recyclés dans le circuit industriel. Le PET a l’avantage d’être facilement recyclable sans perdre en qualité, mais il contient davantage d’additifs que le PE (habituellement des stabilisateurs anti-UV et des retardateurs de flamme).

Le polystyrène (PS) est fabriqué à base d’une substance problématique (le styrène, nocif en cas d’inhalation, irritant pour les yeux et la peau). Il est aussi recyclable, mais n’est que rarement recyclé. C’est le PVC qui utilise le plus d’ingrédients toxiques pour sa fabrication (voir encadré p. 8). Il peut être recyclé, mais ne l’est pas en Suisse, et globalement les taux de recyclage sont bas.